Un couple gay « berné », ce soir dans le documentaire « Roman d’une adoption »

France 2 diffuse ce soir un documentaire consacré à l’adoption, Roman d’une adoption, dans le cadre de l’émission Infrarouge. La réalisatrice Anne Gintzbuger a suivi deux couples tout le long du processus: un couple hétéro, Céline et Cédric, et un couple gay, ensemble depuis 20 ans, Philippe et François.

Anne Gintzburger était ce matin dans l’Instant M, de Sonia Devillers, sur France Inter.

Elle explique avoir choisi un couple gay  « pas militant »:  » ce sont des gens ordinaires qui aspirent à vivre leur parentalité de façon ordinaire. »

Si l’histoire se termine bien pour le couple hétérosexuel, qui adoptent le « bébé parfait », Ninon, elle se termine autrement pour les deux hommes, lorsqu’ils se rendent compte que leur dossier d’adoption n’a jamais été transmis. Ils avaient pourtant eu l’agrément de l’administration.

On leur avait fait comprendre qu’ils pourraient peut-être adopter un enfant malade ou avec des problèmes physiques au Brésil. En fait, leur dossier n’est jamais passé devant le « Conseil de Famille », l’instance qui attribue les adoptions. Pourtant, les deux hommes ne réclamaient aucun traitement de faveur.  « Ce que je voulais c’était être dans la file d’attente, derrière quelqu’un, pas devant . Je n’aurais jamais aimé passer devant un couple hétéro. Chacun à sa place dans ce monde. », peut-on entendre dire Philippe, en larmes, dans le documentaire.

« Les services se sont auto-censurés pour ne jamais présenter leur cas au Conseil de Famille. Cela s’appelle de l’homophobie déguisée. », commente l’auteure-réalisatrice.

Moins d’une dizaine de couples gays ou lesbiens ont pu adopter depuis 2013

Les couples de même sexe ont le droit d’adopter depuis l’ouverture du mariage en mai 2013. Une enquête récente de francetvinfo montre qu’en cinq ans « moins d’une dizaines de couples gays ou lesbiens » ont pu d’adopter.

Plusieurs raisons explique ce nombre infiniment faible: la baisse du nombre d’enfants adoptables à l’international (685 en 2017), le minuscule nombre de pays qui acceptent les dossiers de couples de même sexe (la Colombie, l’Etat de Mexico (Mexique) et certains Etats des Etats-Unis, l’Afrique du Sud, le Brésil et le Portugal), ou l’influence d’associations familiales homophobes, comme l’UNAF, qui s’était opposée au mariage pour tous dans les Conseils de familles, comme cela a sans doute été le cas pour Philippe et François.

Infrarouge, France 2, mardi 12 juin, 23h05.