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LGBT-phobies: SOS homophobie s’inquiète d’une nouvelle hausse en 2017

SOS homophobie présentait ce matin les chiffres de son Rapport sur l’homophobie 2018, portant sur les chiffres recueillis en 2017. L’an dernier, l’association a reçu 1650 témoignages de LGBT-phobies, un chiffre en légère augmentation de 4,8%.

Les témoignages sont recueillis soit sur la ligne d’écoute, soit sur le formulaire de témoignages sur le site, soit sur les stands lors d’événements, rappelle Joël Deumier et Véronique Godet, président et vice-présidente de SOS homophobie.

SOS homophobie note une baisse des témoignages pour les actes lesbophobes, mais une augmentation pour la biphobie (154%) et la transphobie (54%). « Les effets de la libération de la parole », veulent croire les représentants de SOS homophobie.  « Nous avons reçu des témoignages émouvants qui renvoient à une transphobie institutionnalisée et médicalisée. », explique Véronique Godet, avant de souligner qu’en France « seules 5 universités inscrivent les personnes trans avec leur prénom d’usage. Le corps médical et enseignant devrait être mieux formés. »

SOS homophobie rapporte également une hausse de 38% des témoignages de scolaires et d’étudiants. Beaucoup de témoignages de mineurs harcelés à l’école.

« 55% des témoignages reçus concernent l’homophobie au quotidien (travail, lieux publics, commerces) », signale Joël Deumier.

L’association rapporte aussi 348 témoignages de LGBT-phobies en ligne. Un chiffre « infime » par rapport à la réalité, reconnaît l’association, mais qui pose tout de même le problème de la gestion de ces contenus par les réseaux sociaux. « Ils prétendent être juste hébergeur de contenus et pas responsables de ce qui s’y dit. Nous contestons cet argument », rétorque Joël Deumier, qui précise qu’en vertu d’un accord avec Twitter et Facebook, les signalements de l’association sont examinées en priorité.

Agressions en hausse

Le chiffre qui est peut-être le plus préoccupant concerne les agressions. SOS homophobe rapporte 139 signalements, en hausse de 15%. « Ça montre que l’homophobie la transphobie sont de plus en plus violentes. On passe plus à l’acte. », note Joël Deumier, président de l’association. « Cela fait une agression tous les trois jours. Pendant la période du mariage pour tous, une agression tous les deux jours. », ajoute-t-il.

Les chiffres de SOS homophobie étant basés sur le déclaratif, les chiffres réels sont bien évidemment supérieurs. Le secrétariat d’Etat à l’égalité femmes hommes et la Dilcrah ont ainsi également dévoilé les chiffres des forces police et de gendarmerie pour 2017.

« 1 026 infractions à caractère homophobe ou transphobe contre 1 020 en 2016 (+0,58 %). 262 actes de violences physiques ou sexuelles (soit 25,6% de l’ensemble des actes) ont été constatés », signalent les autorités dans un communiqué de presse, avant d’ajouter: « Ces chiffres, bien que stables, montrent une haine anti-LGBT toujours persistante. Ils appellent à une vigilance accrue et une mobilisation poussée des pouvoirs publics. »

Les victimes des délits constatés par les forces de l’ordre sont majoritairement des hommes (73 %) et des jeunes (58 % ont moins de 35 ans). 56,2 % des faits constatés se sont déroulés dans des aires urbaines supérieures à 200 000 habitants.

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SOS homophobie met en garde le gouvernement

L’association met en garde le gouvernement, notamment sur sa gestion de l’ouverture de la PMA, de crainte de revivre l’année 2013, où l’association avait recueilli le double de témoignages habituels.

« On dit attention aux pouvoirs publics de ne pas faire traîner les débats sur la PMA », lance Joël Deumier, qui dénonce au passage « les hésitations du gouvernement et les propos malheureux d’Emmanuel Macron devant la conférence des évêques« .

« On rappelle au chef de l’Etat que c’est un engagement qu’il a pris et que les français sont prêts à la PMA, comme le montre plusieurs sondages. On espère que la PMA sera adoptée dans le meilleur délai.», insiste-t-il.

Joël Deumier déplore également le manque de « politique propre contre l’homophobie » du gouvernement. « On ne pourra pas faire baisser l’homophobie en ne comptant que sur les associations. », martèle-t-il.

L’éducation

Face à cela, une clé: l’éducation.  « Les réflexes d’homophobie et transphobie sont là dès le plus jeune âge. On ne naît pas homophobe, c’est le fruit d’une éducation. » affirme Joël Deumier.

Véronique Godet ajoute que l’an dernier les 18 délégations de SOS homophobies ont sensibilités 22 000 élèves sur 560 établissements scolaires. « Depuis septembre, nous faisons une intervention par jour », souligne la vice-présidente. L’efficacité devrait d’ailleurs être évaluée prochainement par l’OCDE.

6ème pays européen pour l’égalité des droits

Même s’il reste beaucoup à faire, l’ILGA, avec sa carte Rainbow Europe, a classé la France en 6ème position des pays européens sur l’avancée de l’égalité des droits, derrière Chypre, la Belgique la Norvège, le Royaume et la Finlande ».