couple lesbien PMA
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PMA: L’association des journalistes LGBT donne quelques conseils aux médias

Les états généraux de la bioéthique vont s’ouvrir le 18 janvier. Les débats devraient aboutir à une révision de la loi bioéthique au début de l’année 2019. C’est dans ce cadre là que le gouvernement a voulu aborder la question de l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires.

L’Association des journalistes LGBT (AJL) vient d’ajouter un complément consacré à la PMA à son kit de conseils aux journalistes intitulé « Informer sans discriminer ». L’association craint qu’une place trop large soit donnée aux associations et personnalités homophobes, comme cela avait été le cas en 2012 et 2013 lors des débats autour du mariage pour tous.

« Le traitement médiatique de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes est trop souvent  phagocyté par des arguments émanant de mouvements réactionnaires tels que La Manif pour Tous, explique l’AJL. Polarisé autour de slogans (« La PMA est l’antichambre de la GPA », « PMA sans père », « pénurie de sperme »…), le débat laisse peu de place à l’information sur un sujet méconnu : qui a accès à la PMA en France ? Connaît-on déjà le cadre légal existant, et les pratiques dépassant l’usage médical stricto sensu ? »

Dans son kit, l’AJL s’attache notamment à déconstruire les slogans de la Manif pour tous, tels que « PMA sans père » ou la confusion savamment entretenue avec la GPA.

« Cette affirmation [la PMA sans père] est un slogan de La Manif pour Tous, affirme l’AJL. Elle renvoie à une conception qui nie la diversité des familles : selon les dernières statistiques publiées par l’Insee (chiffres 2011), les familles monoparentales et recomposées représentent respectivement plus de 9% et 20% des foyers français. En outre, depuis l’entrée en vigueur du mariage pour tou·te·s en 2013, la loi reconnaît les familles homoparentales, et leur droit à l’adoption. Enfin, les célibataires peuvent également adopter : en 2008, un tiers des agréments délivrés à Paris concernait des personnes célibataires, comme l’a souligné Le Figaro. »

Sur la question de la PMA, les états généraux de la bioéthique partiront de l’avis du Comité consultatif national d’éthique, qui donnait certes un avis globalement positif, mais qui a laissé plus que sceptique les associations LGBT.

Dans une interview exclusive à Hornet , la députée En Marche ouvertement lesbienne Laurence Vanceunebrock-Mialon a promis de s’engager fortement sur la question.

Un récent sondage a montré qu’une majorité des français.es étaient favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes.

Le gouvernement, de son côté, se montre relativement prudent sur cette question.