Refuge Guyane
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Guyane: trois députés alertent Marlène Schiappa sur l’hébergement d’urgence pour les jeunes LGBT en rupture familiale

Trois députés  ont écrit à Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes et hommes et chargé de la lutte contre les LGBT-phobies, pour l’interpeller sur l’essoufflement des militants du Refuge Guyane et les problèmes d’hébergement des jeunes LGBT en rupture familiale.

Ces députés ne sont pas étrangers à la situation des personnes LGBT dans les outre-mers puisqu’ils sont les rapporteurs relatif à la lutte contre les LGBTphobies en Outre-mer, Raphaël Gérard , député LREM de la Charente Maritime, Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée LREM de l’Allier et Gabriel Serville, député de Guyane, rattaché au groupe Gauche Démocrate et Républicaine à l’Assemblée Nationale, du rapport relatif à la lutte contre les LGBTphobies en Outre-mer.

Ils font écho à une interview de Steven Kuzan, délégué du Refuge Guyane début juillet, où celui-ci tirait la sonnette d’alarme.

Selon le responsable, l’association dispose de quatre logements et héberge sept jeunes actuellement (trois d’entre eux sont à l’hôtel). La semaine de l’interview Steven Kuzan affirme avoir reçu quatre demandes d’hébergement. Il n’a pas pu donner suite. « On appelle le 115, qui n’a jamais de place. Si c’est des demandeurs d’asile on essaie de les orienter vers l’Ofii parce que si ce sont des demandeurs d’asile, techniquement la France doit pouvoir leur proposer un hébergement le temps que leur demande d’asile soit traitée, ce qui n’est pas le cas puisqu’ils ont très peu de place. Il y a 6 000 demandes urgentes pour 150 places… », explique-t-il.

Dans un communiqué, Raphael Gérard, affirmer s’inquièter « de l’essoufflement des bénévoles qui n’ont plus les moyens pour faire face aux appels à l’aide des jeunes guyanais ».

« La situation des personnes LGBT en Guyane est particulièrement dramatique, rappelle le député dans son communiqué. L’homosexualité y est très stigmatisée : près de 68.1% des hommes et 55.2% des femmes qui l’associent, soit à une forme de sexualité contre nature, soit à un problème psychologique. L’homophobie prégnante nourrit des formes de violences à la fois verbale, physique et sociale. Du fait de l’importance du lien familial dans la société guyanaise et du poids de l’honneur, il n’est pas rare que les parents fassent subir de mauvais traitements à leurs enfants qui se révèlent être homosexuels. Certains sont même exclus du domicile familial. »

« Face aux défaillances observées à tous les niveaux dans la lutte contre les LGBTphobies en Guyane, les acteurs associatifs prennent le relai, note Raphaël Gérard. Mais faute de moyens suffisants, leur important travail de sensibilisation et d’accompagnement repose sur la bonne volonté et l’engagement d’une poignée de bénévoles qui s’essoufflent au fil du temps. Plusieurs associations LGBT se sont déjà éteintes en Outre-mer, faute de moyens suffisants, à l’instar Gay Amazonia à Saint-Laurent du Maroni (2006-2008) en Guyane ou LGBT 974 à La Réunion. »

C’est pourquoi les trois députés  interpellent Marlène Schiappa « au sujet du manque de moyens criants dont souffrent les associations LGBT ultramarines, à l’instar du Refuge Guyane ».

Ils demandent « le déploiement d’une politique ambitieuse de la part de l’Etat en faveur de la lutte contre les violences anti-LGBT dans les territoires d’Outre-mer qui passe, notamment, par un accompagnement du tissu associatif local et des aides aux financement pérennes qui soient à même de couvrir leurs dépenses de fonctionnement et de répondre aux besoins recensés dans les territoires ».

Contacté par Hornet, Steven Kuzan, se dit heureux de ce communiqué, Mais, tempère-t-il, « ce qu’il faut surtout c’est des choses concrètes arrivent… ». « On est tous à bout », confie le délégué du Refuge.